(le borgne) j’ai vu des ballets d’oies s’aimer sous une lune de méthane vu des talus de glaise effrayés par la fuite de leur ombre les soirs d’été ce n’est pas un secret et puis si l’on me presse doucement je dirai que j’ai vu se battre deux silhouettes au bord du lac un jour de juin l’une avait une moustache noire diaboliquement taillée et l’autre un seul œil gros comme un œuf en lieu de nombril je l’ai vu comme je vous vois tenez j’étais là dissimulé derrière cet arbre ou ce buisson qu’importe il faisait chaud la même sueur collait au front imaginez les cris du fer contre le fer et de la chair contre la chair et soudain l’éclair du premier sang alors un corps s’effondre la moustache s’évanouit en ricanant la sueur mais froide au ventre encore m’empoigne quand je m’approche à terre gît la silhouette et l’œil crevé c’est le mien le mien le mien j’ai beau hurler comme un ballet d’oies blessées sous cette lune de méthane comme un talus de glaise effrayé par son ombre qui fuit l’épais rideau du soir borgne il me reste à veiller sans fin sur le royaume étrange des aveugles. (further down) further down ends the trail swallowed by forget-me-nots that fake chaos. standing aside, a stuttering tree clutches to its fever-burnt roots and dry moss. we haven't been there in a while, anxious - I reckon - that we wouldn't be able to step in our former tracks. the cuckoo knows better.