Ton corps voilier triomphant S’oppose à mon vent consciencieux Je souffle, je m’épuise. Tu bouges enfin, tes voiles se gonflent. Mon corps asphyxié se révolte Mon esprit lui persiste et s’acharne Te voir te mouvoir dans ta clarté lumière noire Je me dis que oui, c’est possible. Mais t’entendre faire claquer tes mille cordes Sur ton petit corps voilier Me pousse à bout. La peur prend le dessus; Je ne peux voir la réalité Je ne peux être que l’océan où Peut-être tu iras voguer Je concentre mon temps sur le soleil Je voudrais te roussir et triompher Mais ton mât fièrement monté Me défie en me montrant Des manœuvres dignes de la marine anglaise. Ah! Je t’entends rire! De ton rire gouttelette d’eau salée Je mouille mes lèvres de cet éclat Je me brûle, tu m’enflammes Tu ris plus et je me consume. Cruel petit voilier, tu veux me voir sombrer? N’oublie pas que je ne navigue pas! Je suis ton océan où tu voyages Tu peux me quitter, voguer, sombrer en moi Mais moi, je ne peux rien! Je déclare tempête ci et là, mais toi voilier Tu es le plus fort! Ton corps chavire contre moi, Je t’emporte au rythme de mes vagues. Ta coque se laisse porter, Tu apprécies le mouvement mais tu te redresses et me quittes Encore et toujours tu as le pouvoir. Je te porterai sur ta berge Je t’emmènerai là où tu veux Mais fais moi plaisir, Baisse tes voiles, laisse-toi porter Laisse-moi la chance de te guider.e-toi porter Laisse-moi la chance de te guider..e-toi porter Laisse-moi la chance de te guider.