Aujourd’hui le soleil ne voulait pas se lever, j’ai dû attendre deux minutes de plus qu’hier. Peut-être est-ce normal? Peu importe, qui va vraiment y porter attention? Moi, je sais mais je ne sais même pas à quel point je compte dans toute cette histoire. Donc, me voilà ici écrivant mes pensées devant mon ordinateur qui lancinement me joue la complainte du disque dur qui tourne sans arrêt. Quel merveilleux son constant, bientôt je crois que je vais pouvoir le faire jouer dans ma tête sans être assis ici. Quelqu’un frappe à ma porte, ce doit absolument être mon ami Jean. Pourquoi absolument, car je n’ai pas d’autre ami que lui. Ma famille, je l’ai mentalement assassinée, c’est beaucoup plus efficace pour rester en vie d’une façon positive. Bon, avant d’ouvrir la porte à Jean, je devrais vous dire qui il est. Jean est un homme de 89 ans qui aime cultiver du persil dans ses temps libres. Son rêve le plus fou est de devenir le premier homme à ne jamais avoir pris en considération la naissance de l’humanité. Ce qu’il veut dire par là, c’est qu'il ne pense pas, et ne veut pas penser à son origine. Il se dit que cela n’en vaut pas la peine. Regarder vers l’avant, il n’y a que le progrès. Le passé n’a servi qu’à lui fournir les éléments nécessaires pour faire la journée qu’il est en train de vivre. Demain, aujourd’hui lui aura été inutile, en attendant, aujourd’hui c’est tout et demain, c’est trop loin. Outre ce petit fait qui ne fait que vous décrire pourquoi j’aime discuter avec lui malgré notre écart d’âge hallucinant, je n’ai que 18 ans, c’est que Jean a besoin de relève, après le premier vient toujours le deuxième. Toc Toc Toc. Merde ce con il est pressé aujourd’hui… Jean est le plus patient des impatients, le plus intéressant des ennuyeux, le plus réveillé des paresseux, le plus courageux des lâches. L’Homme milieu. Et là, il est dans le milieu de ma porte en train de cogner, j’ouvre. C’est ma mère. Merde. Qui est ma mère? Je ne sais pas trop comment je devrais répondre à cette question. Ce n’est facto numéro un pas ma génitrice. Bien trop lâche pour s’adonner à la copulation avec les gens de son espèce, ma mère a décidé qu’elle viendrait me chercher dans un endroit inconnu, pour me transporter dans un monde différent de mon code génétique. Je suppose que c’est ce que l’on peut appeler la malchance de ma naissance. Donc, différente en couleur, taille, et principalement valeurs de moi, ma mère est cette grande fouteuse de problèmes qui me hante depuis les 18 années qui ont fait mon existence. -Que puis-je pour vous maman? dis-je en me disant que si on ne pouvait entendre le sarcasme dans ma voix, c’est qu’on était sourd, muet et aveugle. -Rien, je viens voir si tu as besoin de quelque chose. -Non, dommage, vous avez choisi la mauvaise porte repassez demain! -La ferme, je suis ta mère. Bon maintenant tu vas me laisser entrer. -Certainement… -Merci -Pas. Bon suffit j’ai des tas d’études à faire. -Tu n’étudies pas. -Raison de plus pour que tu partes. SLAM! Ce fut la porte qui fit que la conversation étais close. Le cadre de porte pouvait se vanter du même adjectif, mais ça serait passer à côté de notre sujet. Où j’en étais… Ah oui, mes études. Je suis un étudiant à temps plein dans l’art de passer ma vie à ne pas exister en faisant le plus de choses possibles. Comment cela pourrait-il être possible? Relativement simple. Vous vous appuyez sur un arbre et il tombe déclenchant du même coup la chute de son voisin, qui se prendra pour un domino et pourrait éventuellement venir à détruire une forêt qui sans l’oxygène qu’elle produit tuerait du coup une ville, rayant une économie et anéantissant le monde. Bon. Je fais de même mais je m’amuse à petite échelle. Pourquoi ne pas compliquer la vie des gens dans l’espoir de voir les répercussions d’un acte sur inconnu se répercuter directement sur vous par l’intermédiaire d’un protagoniste innocent? Pourquoi pas. Le seul problème c’est que ça peut vite mal tourner. Tant pis c’est ma vie. Je mis donc mon affreux veston en cuir acheté dans un magasin de vêtements usagés et sorti tout bonnement par la fenêtre. Dans la rue je vis un homme qui promenait avec tendresse et amour son chien. Je dépose vagabondement un petit morceau de cyanure saveur de viande et le tour est joué, c’est fini pour aujourd’hui. Quel cruel personnage je suis. Jean n’aime pas trop cela lorsque je m’amuse à ces pitreries, le voilà justement qui tourne le coin de la rue. -Comment vas-tu aujourd’hui petit con? -Comme d’habitude gros pervers. Ce fut tout, il continua son chemin. En quelques secondes tout fut dit. Pendant que je rigolais, une femme me dégota un de ces jolis petits coups d’épaule dans l’estomac car elle vu un petit dollar qui traînait sur le coin de la rue. De ce coup d’épaule je fus transposé dans la rue, pour finir sur une voiture et, enfin, m’étaler sur une asphalte brûlante d’un ciel de mai. A l’hôpital, ma mère et l’inconnue à l’épaule de joueur de football me fixaient d’un air voulant me dire pourquoi crois-tu que la vie est sans couleur dans un hôpital? Je me réveillai de mon sommeil comateux. Puis me rendormi aussi vite que possible dans l’espoir d’éviter les sarcasmes affreux de ma vie terne. Terne. Tout est terne. Sans vie, sans éclat, sans l’ombre d’un doute le contraire de la brillance que la Vierge Marie avait lors de son entrée en scène la dernière fois que je suis allé à la messe. Les murs sont d’un blanc qui ne manifeste aucune envie de supporter mon humeur. Les draps sont d’un matériel à empêcher un lépreux de dormir en paix! Merde qu’il faut être con pour se retrouver à l’hôpital de nos jours. Ma mère, cette emmerdeuse, à mon premier sursaut fit sonner la clochette qui activa un rat qui de bonds furtifs et courageux, bravant cancers et crises de foie, alerta une infirmière dans le langage morse. Si seulement. Non, une sonnette alluma une petite lumière dans un bureau trop bondé, où des infirmières n’ont rien à cirer des patients de mon genre pour accourir à la vitesse de Greenpeace après le naufrage d’un pétrolier. Donc je me dus de faire la conversation à mère et à football pour une demi-heure. Phrases creuses après phrases creuses on vient à créer une conversation gouffre. Dans ce genre d’échange interpersonnel forcé, je me plais à ne pas être moi-même pour dérouter mon auditeur. Ensuite je reviens à l’attaque avec du cynisme cinglant, qui vous frappe droit dans la gueule. Paf, ou pouf. Qui sait quel effet ça produit. L’infirmière de service arrive, m’annonce un paquet de courbatures semi-permanentes, me sermonne de points de suture et m’oblige au retrait sous surveillance chez mère-grand. Football perçoit ma réaction, m’offre une place dans son loft douillet. Merde, quelle salope! Elle me fout en l’air au beau milieu d’une rue, pour m’offrir une place dans son putain de loft. J’ai donc accepté. Mère est fâchée. Bien. Infirmière me regarde d’une sourire vicieux. Et après? Football est contente. Merde. Je suis confus. Je crois que j’aime. À ce stade de l’histoire le lecteur abasourdi par tant d’éléments nouveaux, se dit : « Mais quelle conasse peut inviter un foutu inconnu à vivre chez elle? » Et le narrateur numéro deux intervient. En tant que narrateur absent, et donc gourou insatiable d’un monde irréel je peux vous expliquer. Football, la femme à l’épaule s’appelle dans les faits Crystelle. Elle est une artiste. Pitié, je sais, on n’a pas besoin de trop de personnages troublés mais je suis un Dieu total, maître écrivain, j’aime le pouvoir… Bon retour à ma normalité de narrateur. Crystelle donc est une femme de 22 ans qui croit que tout ce quelle peinture pourrait venir à vivre de façon indépendante. Donc un simple inconnu chez-elle, pourquoi pas. Retour magistral à l’histoire. Elle a une passat, elle vie dans un loft, merde cette fille est riche. Pourquoi je la suis? -Eh, Crystelle, c’est ça? Bon, merci de m’avoir sorti de ce pétrin, tu peut me déposer ici, je m’en retourne chez nous. -Bon classique l’invalide, mais j’ai une charge légal en étant ta tutrice / surveillante, pour la prochaine semaine. -On commence du mauvais pied Crystelle… C’est pas très chouette tu sais? -Tu as raison, je change de pied. Elle appuya sur le frein, mon corps fut propulsé contre la ceinture de sécurité, qui bloquée me coupla le souffle d’un coups sec. - Tu aimes mieux ce pied l’invalide? - Merde que les femmes sont connes. Retour à l’accélérateur. Entrer dans le loft. Jaune, partout. Tous les murs, tous les meubles, cette fille doit venir du Viêt-Nam ou avoir la jaunisse. Bon je me fit installer dans ma chambre, qui est relativement élégante. Crystelle me signifia que ce lit simple est pour nous deux et que si j’ai l’intention de la toucher, elle se fera un plaisir d’aller faire balader sont milieu de jambe, ce que j’appelle le genou, dans mon entre-jambes. Putain. C’est une agace. Je lui signifie mon total désaccord, et lui demande au moins un matelas. Elle rit et m’expliqua que la vie était mal faite, qu’elle était fatiguée, qu’elle voulait dormir. Elle me remercia aussi, elle a eu congé au travail à cause de moi aujourd’hui et pour la semaine. Je me couchai donc aussi en contemplant tous ces merveilleux ecchymoses et la manière dont les couleurs varient sur eux. Ensuite je m’endormis, les putains de pilules étaient fortes. Dring! Dring! Téléphone. Invention d’une âme solitaire pour se sentir entourée par des gens qui croient pouvoir lui annoncer des nouvelles. Dans les faits c’est juste une campagne publicitaire pour ceux qui ne peuvent pas se payer la télévision. Je hais le téléphone. Mais c’était Jean au bout du fil. Jean m’annonça qu’il comptait venir passer l’après-midi avec moi. Je lui répondis que je m’en foutais. Il allait donc venir. Football ne s’était pas réveillée. Elle dormait comme une bûche. Le matin l’odeur de friture de saucisses me fit sortir du lit avec mon visage Jack Nicholson dans The Shinning. Je suis végétarien. Non pas par obligation, mais juste pour emmerder les gens chez qui je vais manger, des fois. Elle me donna de la luzerne et rit. Mon bras faisait mal et Crystelle avait complètement l’air de se foutre du fait que j’essayait de lui rendre la vie dure. On entama une petite conversation. - Donc, que fais tu pour payer ce merveilleux loft? - Tu veut dire mon travail? Hum…Je suis une artiste en premier lieu. Je peins. Plein de choses et plein de personnages, parfois ils vivent. Mais pour pouvoir payer mon loyer, je suis une avocate. - Oh, le beau pétrin dans lequel je suis. Une avocate qui peint, tu es assez unique dans ton genre. Silence - Bon comme tu n’as pas l’air de vouloir savoir ce que je fais dans la vie, je vais te le dire. Je… Je… Je ne sais plus. Merde, le médecin m’a prévenu pour ces petites pertes de mémoire. Je te reviendrais sur le sujet. Hum. Je disais quoi donc? Hum, qui est tu? - Eh… l’invalide réveil. Tu es bien? - Touché. - Conard - Ça c’est ma vie, j’emmerde les gens. Bravo. Tous est sous contrôle encore. Bon. Suffit. Je déconnais. Je n’existe pas. Je ne suis rien. Je suis des mots sur un écran. Pire. Je suis des chiffres qui défilent à la vitesse de la lumière dans un tube cathodique. Pire vous avez cru pour un instant que j’existais. Vous avez oublié toutes ces choses. Vous avez oublié que votre imagination est plus forte que vous. Vous ne vous pouvez pas gagner. C’est la vie. C’est bien ainsi. Je me déclare de toute façon vaincu, car quelqu’un quelque part a dicté à des chiffres d’apparaître et de former des mots dans votre esprit. Deux trois mille chocs électriques plus tard, vous étiez capable d’associer « ALLO » avec une salutation. Bravo. Toi lecteur tu es le plus fort, tu as lu jusqu’au bout. Tu as réussis à être plus fort que moi et à prendre distance. Touché. Je vous ait eus. Je suis plus fort. Touché. C’est faux j’avais raison en premier Touché. Peut-être. distance. Touché. Je vous ait eus. Je suis plus fort. Touché. C’est faux j’avais raison en premier Touché. Peut-être.t-être. distance. Touché. Je vous ait eus. Je suis plus fort. Touché. C’est faux j’avais raison en premier Touché. Peut-être.