[i]J'ai modifié toute la suite des "Elisa", au cas où j'aies le courage de poster bientôt la suite, par ce que cette histoire a beaucoup changé depuis les premières publications. Merci aux courageux pour leur seconde lecture ![/i] Dehors, elle se laisse balloter un moment par la grasse et goulue masse humaine, puis s’arrête brusquement, le Macchabé accroché à ses épaules. Il ne bronche pas. Elle ferme à demi les yeux. A travers les meurtrières de ses paupières, le rouge d’un manteau se fond dans le brillant métal d’un métro fatigué, les mouvements de la foule se coulent en un ballet organique, monstrueux et délicieux. Elle sent que le Macchabée regarde aussi, les yeux plissés. Il n’est pas si mauvais après tout. - Non mais ça va pas de rester là comme ça ? Vous voyez bien que vous gênez ! Elle comprend en retard. Elle encaisse les coups de coude furieux des passants, suffoque. Des pressions de toutes parts. Elle a peur de tomber, d’être blessée par la foule, ils sont suffisemment pour qu'elle disparaisse rapidement sous leurs pieds gigantesques. Elle a peur d'apparaître soudain sur le sol du métro, la peau ouverte et béante, dans le rire du Macchabé. Elle cède à une onde d’angoisse et de sueur glacée. Une douleur imaginaire crève son cou, sensuellement, et voudrait la déchirer de haut en bas, le long des lignes de son corps. L’hallucination prends comme une rose qui éclot et se défait, cruelle. Elisa reste seule, affamée par cette fleur de douleur qui s’en va en silence. Le Macchabé sourit, coincé entre deux corps moites de parisiens pressés. - Mais bordel, elle n’entend pas, la gogol ? Elle tourne enfin la tête et rencontre une haleine de café et un visage haineux. Les portes du métro s’ouvrent, les gens entrent, le Macchabée empoigne l’enfant et l’entraîne dehors.