[g]Je n’ai pas de nom, je suis une ombre. Je suis l’Assassin.[/g] [i]Tous tremblent à ce surnom. Je n’ai aucune morale, je tue aussi bien les hommes, que les femmes ou les enfants. Rien ne m’a jamais arrêté. D'entre tous, je suis le meilleur. Je suis au courant de tout. Lorsque quelqu’un souhaite m’engager, je le sais aussitôt. Je travaille en général pour de l’argent, mais parfois aussi pour le défi. Aucune de mes victimes désignées ne m’a jamais échappé, je n’ai jamais été blessé. Toute ma concentration tend vers un unique but, parvenir jusqu’à ma proie, la tuer. Je ne pense à ma survie qu’après avoir accompli cela. Mon équilibre est parfait. Il y a longtemps, j’ai perdu la mémoire. Depuis, je n’ai plus de sentiments, mon passé n’interfère pas avec mon travail.[/i] Mary. C’est le nom de la femme qui va me désigner ma prochaine victime. Il faut que je la contacte. Je pense qu’elle se trouve dans une petit de chambre d'hôtel, dans le sud. Je m’y rends par les toits. Une fois en haut de l’immeuble, je repère facilement sa chambre, c’est tout simplement la seule occupée. Je pénètre à l’intérieur par la fenêtre. Elle ne m’as pas entendu, elle est allongée sur son lit et feuillette une revue. J’avise un miroir sur le mur de sa chambre, je prends mon arme et le fait voler en éclat, j’ai toujours détesté les miroirs. Un enfant m’a dit un jour - juste avant que je ne le tue - que la cause de ma mort serait un miroir. La femme se redresse en sursaut et pousse un petit cri. Elle me dévisage en tremblant : « Vous êtes l’Assassin, n’est-ce pas ?.. » demande-t-elle en tremblant. Je ne réponds pas. Je n’ai qu’un vague souvenir de mon visage mais je ne pense pas qu’il puisse y avoir de doutes, je suis l’Assassin. Par delà la peur qui habite son visage, je lis dans les yeux de la femme un trouble indéfini. Elle semble avoir du mal à supporter ma présence. « Heu… l’homme que vous devrez tuer se nomme Terry Selgorn, c’est lui aussi un tueur, il est très fort. Méfiez vous… Je pense que vous pourrez le trouver au Dock 17 cette nuit. Je crois qu’il vous y attendra. Ha… Heu, en ce qui concerne votre paiement, eh bien voyez vous, je n’ai pas beaucoup d’arg… ». Je n’entends pas la fin de la phrase, je suis déjà parti. Dehors, le soleil achève sa lente descente vers l’horizon. Je me dirige vers l’Oklahoma Bar. Comme d’habitude, il est désert. Je vais dans les toilettes pour femme, soulève une plaque d’écoulement et récupère un sac hermétique et humide. Dedans, Un Anihileur à blocage thermique modèle 92X. Le nec plus ultra des instruments de mort. Capable de tirer par rafale de quatre des mini-roquettes de 72mm auto-guidées la source de chaleur la plus proche. J’avale une pilule de Glass qui diminue ma température corporelle de quinze degré, afin de ne pas être la cible de mes propres assauts, ainsi que quelques grenades à fragementation. Je suis prêt. La lune est rouge. Je m’apprête à faucher une âme. Je sens l’adrénaline qui monte en moi, mes sens sont en éveil, j’ai toujours adoré les défis… 13…14…15…… Dock 17… C’est ici. Le sombre hangar est d'un calme absolu. J’évite la porte principale et me glisse à l’intérieur par une petite fenêtre. Une fois mes yeux habitués à l’obscurité, j’examine les environs. Ce hangar est très grand, et semble vide à première vue. Seules quelques caisses sont dispersées aux alentours. Je marche sans bruits, mon fusil en main, lorsque je vois quelque chose bouger à l’autre extrémité. Je me plaque aussi sec derrière une caisse, à l’affût du moindre bruit. Je n’entends rien. Je me déplace latéralement et progresse de caisse en caisse le plus près de la position supposée de ma victime. En un éclair, je fais une roulade et braque mon arme. Il est là, juste en face… A peine à quinze mètres de moi. Il est lui aussi accroupie. Il tient lui aussi une arme. Nous tirons en même temps. C’est à la lumière que produit le tir de nos deux armes que je comprends tout. Le temps semble s’arrêter. Je suis seul dans ce hangar. Ce qui se trouve à quinze mètres de moi n’est qu'un reflet, mon reflet. Je suis face à un gigantesque miroir. Mon projectile vole dans les airs et exécute au ralenti une courbe parfaite. Je suis l’unique source de chaleur à cent mètres à la ronde. Instinctivement, je saisi une grenade, afin que l’explosion attire la roquette. Au même moment, quelque chose se débloque dans mon cerveau, un nom resurgit de mon passé, Mary Selgorn, ma femme. Elle a lancé un contrat sur moi. Terry Selgorn, mon nom avant que je ne perde la mémoire. Ses intentions sont claires comme le blanc des yeux d’un cadavre. Le missile hésite, la Glass fait son effet, ma grenade est dégoupillée, je lève le bras. Elle veut la mort de l’Assassin. Son mari fut ma première victime, il est mort au moment où je suis né. Elle veut finir ce qui a été commencé. C’est maintenant ou jamais, la roquette se dirige vers moi. En dix-sept ans, combien de personnes ai-je tué ? Cent, deux cents, mille ? Je lâche ma grenade et hurle Mary. Je me souviens à quel point je l’aimais, cet amour exaspère l’Assassin au plus haut point. Je ferme les yeux. Noir. l’Assassin n’aura finalement laissé en vie aucune de ses proies.es proies.