Le coucher de soleil est vraiment magnifique vu comme ça ! Jérémy m’avait dit ça il y a trois jours. Et il avait raison. Je me rappelle maintenant avec un petit goût d’amertume dans la bouche. Je me rappelle Jérémy qui me parlait, assis à la terrasse d’un café, nous buvions une bière... - Tu veux que je te le réexpliques ? C’est Jérémy qui vient de parler. Il est grand, les cheveux roux, des petites lunettes cachent maladroitement ses taches de rousseurs. Jérémy est le meilleur biologiste de notre époque. Et personne ne le sait ! A part moi et quelques uns de ses collègues. Personne ne sait qui est le biologiste qui se cache sous un pseudonyme pour dévoiler au monde le secret des vaccins pour le sida, le cancer (même si ça peut paraître étonnant puisque ce n’est pas un virus) , et qui a découvert un moyen de ralentir de moitié le vieillissement des cellules. Hé oui ! Depuis que Jérémy a communiqué aux principaux laboratoires pharmaceutiques le traitement à faire subir au corps pour ralentir le vieillissement des cellules, l’espérance de vie humaine est passé de 70 à 150 ans. Et tout ça, personne ne le sait. Personne ne sait que c’est cet homme maigre en face de moi, cet homme qui sirote une bière, cet homme qui parait fatigué par la vie, c’est cet homme qui a contribué à améliorer le quotidien de toute l’espèce humaine. Et il est mon meilleur ami. Il est l’homme sans qui je n’aurais pas vécu assez longtemps pour voir tous ces couchers de soleil. Et pour l’instant il tente de me réexpliquer avec des mots simples le principe de sa dernière découverte. - Il y a quelques années, j’ai réuni des amis biologistes pour tenter d’explorer entièrement le cerveau humain. Et nous y avons découvert quelque chose de vraiment... fantastique ! Mais ces lâches fuirent avant même de voir tous les résultats. Ils avaient eu peur de ce qu’ils allaient découvrir. Je suis le seul à connaître l’intégralité de ces recherches. Ces pseudos-chercheurs avaient voulu me forcer à détruire mes travaux. En vain. J’ai fait le sacrifice de ma vie pour avoir découvert tout ça. Ce n’était pas pour renoncer face à quelques peureux. Il marqua un temps, comme s’il réfléchissait à ce qu’il venait de dire. Puis il porta sa bière à ses lèvres, sans vraiment boire, sans vraiment réfléchir à ce qu’il faisait. - Pour revenir au sujet, nous avons découvert une partie du cerveau inutilisée. Elle n’a jamais été utilisée en fait. Par aucun être, humain ou non. Ou alors cet être se serait Dieu. Il avait dit ça très naturellement, un peu comme s’il me parlait de la croissance de sa plante verte. Pour ma part, j’avais du mal à saisir où il voulait en venir. - Cette partie nous permet de tout contrôler. Par exemple, si une partie de ton cerveau te permet de contrôler tes jambes, et bien cette partie là te permet de contrôler tout ce qui t’entoure. Tu pourrais faire léviter la bière qui est devant toi comme tu pourrais en créer une identique. Avec une simple pensée ! Ça aurait pu me paraître complètement fou. Ça aurait dû me paraître complètement fou ! Mais j’avais appris avec le temps que tout ce qui sortait de la bouche de Jérémy était possible. Cependant, fidèle a mon septicisme naturel je ne pu m’empêcher de poser une question. - Et pourquoi est-ce qu’on ne peut pas s’en servir puisque c’est si simple ? Il haussa les épaules. - Intensité électrique ! Je fronçais les sourcils en signe d’incompréhension. - Les messages que délivrent le cerveau et qui passent de neurones en neurones sont déplacés à l’aide de décharges électriques, expliqua t-il. Mais les neurones qui constituent cette partie du cerveau sont différents des autres et ils ont besoin de plus grandes décharges pour faire passer le message. - Ça voudrait dire que si on augmentait l’intensité électrique dans le cerveau de quelqu’un, il pourrait tout faire ? fis-je étonné. Jérémy me sourit, d’un sourire lourd de sous-entendus. - Bein tu vois quand tu veux que tu comprends vite ! Et maintenant devine la suite ! Je marquais une pause. Ce n’était pas possible ! Il n’allait quand même pas oser faire çà ! C’était vraiment trop énorme. Il me vint un instant l’idée folle qu’il me faisait marcher et que dans cinq minutes il me sauterait dessus en rigolant et en criant : « c’était une blague et toi t’as marché ! ». Mais non, Jérémy n’avait jamais su rester sérieux plus de trente secondes quand il essayait de faire croire quelque chose à quelqu’un. - Tu voudrais augmenter l’intensité électrique du cerveau de quelqu’un ? Il continua de me sourire de son sourire bizarre, un peu fou. - Va plus loin encore ! Je restais interloqué. Comment voulait-il que j’aille plus loin ? Ça me paraissait déjà assez irréel ! Qu’avait-il encore imaginé ? Puis soudain ses intentions se firent jour en moi ! Il était complètement fou ! Pourquoi est-ce que quelqu’un de normal comme moi fréquentait un phénomène pareil ? Je ne me jugeais pas comme quelqu’un de particulièrement spécial, mais il était impossible de définir Jérémy comme une personne banale. - Tu voudrais augmenter l’intensité électrique de ton cerveau ? Son sourire disparut. - Là tu te trompes. Pas mon cerveau. Il faut faire une trépanation pour augmenter l’intensité électrique du cerveau. Personne n’accepterait de faire ça ! Donc il n’y a que moi qui puisse opérer. Alors, qui ça va être ? J’hésitais à répondre. J’avais un peu peur de son choix pour le cobaye. De la part d’un savant fou il fallait s’attendre à tout. Moi, tout ce que je voulais c’était assister à des couchers de soleils. C’était ma seule motivation. J’en avais rien à foutre d’avoir le contrôle de tout. D’un autre côté peut-être que ça faisait vivre plus vieux ? - Moi ? fis-je hésitant. Il me dévisagea, inquiet. - Ça ne te plaît pas ? Je pensais que si les gens avaient le choix, ils se battraient pour pouvoir accéder à ça ! - Beinnnn... moi tout ce qui m’intéresse c’est les couchers de soleils ! - Mais ça te plairait n’est-ce-pas ? Tu auras le contrôle de tout ! Je ne savais pas comment il se les représentait les gens normaux, mais moi j’en faisais partie et ça ne m’intéressait pas vraiment. Mais si on avait le contrôle de tout, peut-être que je pourrais ralentir encore plus le vieillissement de mes cellules, voire même le stopper. Et je pourrais vivre éternellement. Et ma quête de voir tous les couchers de soleils en deviendrait peut-être réalisable. Tandis que j’échaffaudais ces plans en moi, Jérémy me dévisageait, inquiet. Je décidais de feindre la nonchalance et lui répondit mollement. - Ça pourrait être intéressant. Je pense que c’est d’accord... Il parut soulagé. Et comme pour fêter ça, il but une gorgée de sa bière puis il continua : - Mais en fait, j’aimerais aller plus loin encore. Si ça marche, j’aurais un service à te demander. - Bien sûr. Tu voudrais que je ramène ta soeur à la vie n’est-ce-pas ? Je m’interrompis, hésitant. - C’est possible au moins ? Il me sourit, d’un sourire vague et fatigué. - Je ne sais pas si c’est possible et de toute façon ce n’est pas ça que je veux. Ce que j’aimerais que tu fasses... ce serait que tu détruises l’humanité. Je faillis m’étouffer avec ma bière. Dans quel délire est ce qu’il était en train de partir ? Il était décidément encore plus fou que ce que je m’imaginais. - Je te demande pardon ? Tu voudrais que je quoi ? - Tu m’as très bien compris ! Tu devras détruire l’humanité ! Je commençais à sérieusement m’inquiéter pour lui. Aussi posais-je la question que tout un chacun aurait posé. La chose que toute personne saine d’esprit aurait demandé et qui se résume en seul mot. - Pourquoi ? Il continuait à me sourire, de son sourire fatigué. - J’ai résolu les plus grands maux de l’humanité, j’ai donné aux humains une vie meilleure, j’ai tout fait pour eux ! Et ces salauds en échange ils s’entretuent. Je vénère la vie et ces cons, eux, la méprisent au point de la détruire. Il haussa le ton. - Ils n’avaient rien fait pour mériter ce que je leur ai donné. Je m’étais dit que ça les rendrait meilleurs. Mais non, tous des ordures. En particulier ceux qui ont violé et éventré ma soeur ! Tu te rends compte que les pourritures qui ont fait ça s’en sont tirés avec une amende ! Comme pour s’ils avaient fait un excès de vitesse ! Et je ne te parle pas des abrutis qui étaient présents ! En plein jour ! Personne n’avait rien dit. Personne n’avait réagi. Tous ces connards de passants l’avait laissé appeler à l’aide, l’avait laissé supplier sans bouger. C’est seulement quand ses tripes s’étaient répandus sur le trottoir et que ses agresseurs étaient loin qu’ils s’étaient inquiétés.... Ce monde est pourri. Deux larmes s’étaient mises à perler le long de ses joues. C’est bizarre, je ne m'étais jamais rendu compte à quel point Jérémy était fatigué de vivre. Sous ses allures de trentenaire j’oubliais souvent qu’il avait désormais passé aisément le stade des 80 ans. Et moi aussi. Jérémy était un vieillard las de vivre au milieu des immondices qu’étaient ses contemporains. Il renifla et s’essuya la figure. - Tu comprends ? Les hommes c’est comme la gangrène. Ce qui est pourri il faut le couper et ce qui a touché la pourriture il faut le couper aussi. Nous devons amputer la Terre de son humanité... sinon elle va mourir. - Je te comprends, dis-je d’un ton las. Mais quel intérêt j’y trouve moi ? Je veux dire... l’humanité... elle m’a rien fait de mal ! Il me sourit de son regard las et fatigué, une pointe de victoire trônait dans ses yeux. Il prononça alors la phrase fatidique, la phrase qui devait tout décider. - Tu verras : le coucher de soleil est vraiment magnifique vu comme ça ! Si c’était pour un coucher de soleil ça changeait tout. Je comprenais à présent. Jérémy voulait me faire le cadeau du plus beau des couchers de soleils. Il savait que je ne vivais que pour ça. J’avais tenté à plusieurs reprises de me suicider quand j’étais plus jeune. A cette époque la vie ne m’intéressait pas. Ce n’est pas qu’elle m’intéresse plus maintenant. Mais depuis que j’avais découvert la beauté des couchers de soleils, je parcourais le monde à la recherche du plus beau d’entre eux ! Puis il m’était venu à l’esprit que Jérémy essayait peut-être de me manipuler pour arriver à ses fins. Il me savait capable de tuer si on m’empêchait de contempler l’astre couchant. D’ailleurs c’était déjà arrivé. Un homme se tenait devant moi tandis que je contemplais le coucher du soleil sur le Loch-Ness. Malgré mes protestations, il n’avait pas bougé. Je me rappelle vaguement avoir ramassé une grosse pierre et lui avoir lancé. Le coup avait fait mouche. L’homme s’était affalé au milieu de l’herbe. Sa cervelle avait lentement coulé hors de sa boite crânienne, comme de la gelée glissant dans un passage trop étroit. J’avais trouvé çà magnifique. Le reflet du soleil... sur le sang vermeil ! Mais j’avais vite chassé ces sombres pensées. Jamais Jérémy n’aurait essayé de ma manipuler. Désormais, seul comptait mon coucher de soleil. Aussi, c’est sans hésitation que je répondis d’un ton enthousiaste. - D’accord ! Voilà comment l’avenir de l’humanité avait été décidé. Deux hommes autour d’une bière. L’un pour se venger, l’autre pour voir le plus beau des couchers de soleil. * * * * * Je l’avais retrouvé deux jours plus tard. Nous étions chez lui, dans son laboratoire. L’Etat finançait ses recherches en versant de l’argent mensuellement sur un compte anonyme. Après tout, personne ne se souciait de savoir à qui allait l’argent tant que les résultats suivaient. Il m’avait fait vite entrer. Dix minutes plus tard je ressortais de la salle d’aseptisation entièrement nu et rasé. J’arrivais alors dans une pièce aux murs blancs. Jérémy se tenait derrière une grande baie vitrée. Il me fit signe. - Installe toi sur la table et essaie de te détendre. J’exécutais ses ordres, mais pour ce qui était de se détendre c’était plutôt difficile. Surtout à la vue de l’énorme machine qui pendait du plafond. - Ne t’inquiètes pas pour ça. Je ne peux pas t’opérer tout seul alors j’utilise une machine que je dirige depuis un ordinateur. On appelle ça la laparoscopie. C’est pas très facile à diriger mais je m’en sors plutôt bien. Je jetais un regard circulaire à la pièce. Mis à part un chariot blanc elle était vide. Jérémy continua ses explications. - Sur le chariot que tu vois là se trouve un bocal qui contient la pile que je vais t’implanter. Si tu veux arrêter maintenant... je suis au regret de te dire que c’est trop tard. Il disparut de mon champ de vision. Puis je l’entendis à nouveau. - Prends le masque au bout du tuyau et pose le toi sur ton visage. Je m’exécutais. A partir de ce moment je n’ai plus que le souvenir d’un fort parfum de fraise et la voix lointaine de Jérémy qui disait : « Souviens toi de notre marché ! » * * * * * Je me réveillais le lendemain matin. Ce matin. Ça avait été particulièrement étonnant. Je m’étais réveillé dans un lit normal, dans une chambre normale. Pas d’appareil bizarre. Juste Jérémy qui me fixait comme si j’étais un mort-vivant. Au fur et à mesure que je prenais conscience de tout ce qui m’entourait, je l’entendais qui me parlait. - ...rends compte ! Ça à marché. Tu contrôles tout. Si tu as mal au crâne tu devrais pouvoir effacer la douleur. Maintenant rappelle toi de notre marché. Pense à ton coucher de soleil. Je ne l’écoutais plus. Il était déjà loin. C’était marrant, je n’en finissais plus de reprendre conscience. J’avais désormais passé la conscience de la chambre pour envahir toute la maison. J’avais conscience de la moindre fourmi qui se baladait dans le sous-sol. J’avais conscience du moindre atome qui constituait la maison. Et tandis que je réalisais cela, ma conscience continuait à s’amplifier. J’envahissais maintenant tout le quartier, puis quelques instants plus tard toute la ville. Ça n’en finissait plus d’accélérer. J’étais comme un bébé qui naissait, mais moi je me rendais compte de ce qui m’arrivait. En l’espace de quelques secondes j’avais envahi tout le pays, puis le continent et enfin le monde entier. Je m’étais arrêté à la couche d’ozone. Rien de plus normal. J’avais conscience du moindre atome, mais dans l’espace il n’y a rien. Pas d’atome, pas de conscience. C’était extrêmement grisant. J’étais comme une présence que personne ne ressentait, mais moi je les ressentais. Ma conscience était de la taille du monde. J’étais le monde. Cette énorme masse en ébullition, ces villes grouillantes, ces forêts vierges, cette petite fourmi qui transportait un brin d’herbe, ce volcan qui crachait les entrailles de la Terre... j’étais tout. L’omniprésence, c’est vraiment quelque chose de fabuleux. J’étais partout, je savais tout, je voyais tout, je sentais tout, je goûtais tout, j’entendais tout... et pourtant c’était tellement lointain. Lorsque quelqu’un avait mal je ressentais la douleur mais je n’avais pas mal. Lorsque quelqu’un était heureux, je ressentais son bonheur et pourtant je n’étais pas moi même heureux. Vraiment bizarre. Toute ces choses que je ressentais sans pour autant les partager pleinement. Une image de Jérémy me vint soudain à l’esprit. Notre marché ! Ma promesse ! L’amputation de l’humanité. Toute l’humanité. Jérémy et moi même compris. Je décidais de m’amuser un peu. Recréer l’apocalypse ce devait être grandiose. Pour commencer, je voulais provoquer un raz de marée à partir d’un lac. Noyer quelques touristes et faire peur aux poissons. Je pensais : « Retournes toi ! »... et rien ne se produisit. Un instant la peur que Jérémy se soit trompé s’insinua en moi. Mais bien vite je compris mon erreur. Lorsque l’on veut bouger la main, on ne pense pas : « Main, bouge ». Non, ce qu’il faut faire, c’est la bouger. Il ne faut pas y penser mais exécuter le geste naturellement. C’est ce que je fis avec le lac. J’en soulevais l’eau, puis la laissait retomber après une envolée de plusieurs dizaines de mètres. Réussite totale. Pas de survivants. Même parmi les poissons. Fort de mes nouvelles capacités, je fis pareil avec les mers. Une grosse envolée et ça retombe. Je passais ensuite aux volcans. Les sympathiques montagnes d’Auvergne se transformèrent en terribles monstres cracheurs de feu. Le Japon, pays déjà couvert de volcans endormis ne fut bientôt plus qu’une mare de lave. J’avais recréé des centaines de Pompéï. Les gens étaient statufiés sous les flots de lave, leur visage déformés par la terreur. Pas de douleur. Lorsqu’on se retrouve sous des tonnes de rochers en fusion on n’a pas le temps d’avoir mal. Le sol s’écarta sous les plus grandes villes et elles sombrèrent en l’espace de quelques secondes. Provoquant la mort de millions de gens d’un seul coup. Les forêts prirent feu, brûlant vifs les Indiens d’Amazonie et réduisant à l’état de cendre le dernier des Pygmés. Les Touaregs finirent ensevelis sous des tonnes de sable. A chaque endroit, je trouvais le moyen de tout détruire. Provoquant la mort de millions voire de milliards de personnes. En bref, la fin de l’humanité, voire de toute forme de vie... Mais c’était normal. Ils étaient un obstacle entre moi et le plus beau des couchers de soleil. En une seule journée j’avais complètement chamboulé la géographie classique. Et lorsque le crépuscule vint sur la partie la plus dévastée du monde, je fit redescendre mon corps . Je l’avais mis bien à l’abri à plusieurs kilomètres en altitude lui évitant ainsi l’apocalypse. Je coupais la pile alimentant mon cerveau. Je redevins simple humain. Ou plutôt l’unique humain. Et c’est sur un versant de montagne qui sombrait lentement dans la mer que je contemplais mon dernier coucher de soleil. De là où j’étais, je pouvais voir les ruines d’une ville sombrer lentement dans une faille, une forêt brûlait un peu plus loin et un immense raz de marée approchait qui allait recouvrir tout ça. Et par-dessus ce spectacle de dévastation, la lueur rougeoyante du soleil qui colorait les derniers nuages vestiges d’une ultime tempête. Le monde en ruine rougeoyait à mes pieds. Jérémy n’avait pas menti: Le coucher de soleil est vraiment magnifique vu comme ça ! t à mes pieds. Jérémy n’avait pas menti: Le coucher de soleil est vraiment magnifique vu comme ça !