[i]Sur le thème « Parfums »[/i] « Cette ville pue ! » pensa Louis en posant le pied sur le quai de la Gare Montparnasse. Il songea aussi qu'il avait vécu près de quinze ans à Paris sans s'en apercevoir. Il n'y avait pas remis les pieds depuis une dizaine d'années. Il repéra rapidement un petit café où il prit place pour commander un diabolo menthe. Il en profita pour vérifier qu'il n'avait pas perdu la lettre de M. Ponchant, avec qui il avait rendez-vous à 15h. L'école était dans le 11e arrondissement, pas très loin de là où il habitait autrefois. Peut-être pourrait-il passer voir si le vieil immeuble existait toujours ? Après tout, il n'était que dix heures. Il termina son verre, laissa un pourboire pour la jolie serveuse, jeta son journal, et s'engouffra dans une bouche de métro [c] *** [/c] [j] Vingt deux stations plus tard, Louis se trouvait devant le 76, rue des Pyrénées. Visiblement, la façade de l'immeuble avait été rénovée. La vitrine du rez-de-chaussée, autrefois emplie de viennoiseries et de pâtisseries, s'ornait maintenant d'une collection de téléphones mobiles. Louis s'approcha de la porte d'entrée de l'immeuble : un morceau de papier recouvert de ruban adhésif indiquait que le digicode était en panne. Il poussa la porte ; de l'autre côté, l'odeur le saisit à la gorge. Ce n'était pas une odeur très forte, mais c'était une odeur familière, indéfinissable. Instantanément, des milliers de souvenirs lui revinrent en mémoire : Il se voyait, petit bonhomme, rentrer de l'école avec son énorme cartable sur le dos et son pain au chocolat à la main, grimper les marches quatre à quatre, essuyer ses mains grasses sur son pantalon, poser son cartable à ses pieds, et en sortir un lourd trousseau de clés. L'escalier aussi avait été refait, et la porte du local à poubelle changée, mais l'odeur était la même. Sans vraiment y faire attention, il était monté jusqu'au quatrième étage et se trouvait maintenant face à la porte de son ancien appartement. Est-ce que quelqu'un habitait là ? Il y avait un nom encoché sous la sonnette. Poussé par la curiosité, Louis enfonça le bouton, sans pour autant produire aucun son. Après un deuxième essai vain, il se décida à frapper. « Voila voila », entendit-il. Apparut sur le seuil un petit vieillard au crâne dégarni, aux rares cheveux blancs, au visage émacié, et dont la principale caractéristique était un nez prodigieux, pointé vers l'avant. Il portait un jean délavé recouvert d'une blouse blanche. Il dû lever les yeux pour croiser ceux de Louis. « Je peux faire quelque chose pour vous, jeune homme ? - Je... euh... Je m'excuse de vous déranger, mais j'ai habité ici quand j'étais jeune et je... je me demandais ce qu'était devenu l'appartement. » Le vieillard fronça les sourcils d'une façon qui fit ressentir à Louis la profonde absurdité de sa requête. Finalement, il sourit. « Bonne idée, j'ai justement besoin d'un cobaye ! Vous prendrez bien une tasse de café ? - Un... cobaye ? » L'appartement avait peu changé, on le reconnaissait facilement sous plusieurs couches de peinture et quelques meubles vieillots. La chambre de Louis était devenu celle du vieil homme, tandis que celle de ses parents avait été aménagée en bureau. Quant au salon, il avait été transformé... en ce qui semblait être un vaste laboratoire : un grand meuble recouvert de carrelage blanc avec un évier, une étagère remplie de fioles soigneusement étiquetées, un placard plein de petites boites d'allumettes, et divers outils et instruments de mesure que Louis ne put identifier. « Alors comme ça, vous n'êtes pas revenu à Paris depuis dix ans ? interrogea le vieillard, dont Louis avait appris par la sonnette qu'il se nommait Longchamp. Qu'est-ce qui vous amène ici ? - Je suis instituteur, expliqua Louis, incapable de détacher son regard des étagères, et je vais être muté à Paris, je dois rencontrer cet après-midi le directeur de l'école... Je rentre ce soir à Rennes... - Mon laboratoire vous impressionne ? remarqua Longchamp. - Quel genre de... d'expériences menez-vous ? - Oh, pas des expériences ! Voyez-vous, j'ai longtemps travaillé pour une grande maison de parfumerie. J'étais un "nez", un concepteur de parfum. Et puis, j'ai vieilli, ils m'ont mis à la retraite, sans même me laisser le temps d'achever mon oeuvre... Alors, qu'à cela ne tienne, je me suis dit, et je continue ! » Louis s'était levé, et se trouvait maintenant debout devant les fioles dont il tentait de déchiffrer les étiquettes. « Je ne pensais pas que fabriquer un parfum était si compliqué. - L'odorat, vous savez, est un sens très subtil, bien plus difficile à séduire que la vue, l'ouie, ou le goût. Il faut ruser, le flatter sans qu'il en ait conscience. Un faux pas, et l'astuce est découverte. - Euh... ah bon ? - Mais une fois les défenses percées, une fois la confiance gagnée, alors tout est perdu. Les molécules les plus fines se déposent sur les ? et commencent leur délicate besogne. Toutes les portes de l'esprit et de l'âme leur sont ouvertes, rien ne leur échappe. Savez vous que les parfums renferment un véritable langage ? Les animaux et les insectes s'en servent pour communiquer, plus ou moins consciemment. Pour nous les hommes, c'est différent. » Tout en parlant, le vieil homme ouvrit l'imposante armoire et en tira une boite d'allumettes. « Pour nous, les parfums sont un langage intime et indéchiffrable, propre à chacun de nous. Ne vous est-il est jamais arrivé de respirer une odeur et d'en tirer une idée, un sentiment ou un souvenir ? - Et bien, justement... - Les connexions existent, Louis. Qu'arriverait-il si quelqu'un était capable de déchiffrer ce langage, de lire notre âme et de lui parler, d'y découvrir nos secrets les plus beaux ou les plus terrifiants ? » Longchamp tira une allumette de la boite et tendit les deux à Louis. « Mais... vous êtes sûr ? - Ne vous effrayez pas de ce que j'ai dit, ce n'est qu'un parfum, ma dernière création : ... Grattez une allumette pour le libérer. » Louis sortit une petite tige au bout bleu et chatouilla avec appréhension le bord râpeux de la boite. Ce faisant, il vit le vieil homme faire prudemment deux pas en arrière. « Ce n'est pas dangereux au moins ? - Mais non, mais non : allez-y. » Et Louis gratta l'allumette. Une vive flamme bleue s'élança avant de mourir quelques secondes plus tard. Une petite traînée de fumée blanche naquit du bout devenu noir. Louis tendit le nez. « Ca ne sent rien, observa-t-il. - N'oubliez pas ce que je vous ai dit, Louis : les meilleurs parfums sont les plus subtils ! » Louis renifla encore. « Ca doit être trop subtil pour moi. » Pourtant il se passa une chose étrange : brusquement, il vit Longchamp différemment, comme s'il l'avait déjà rencontré quelque part, comme si le visage du parfumeur était inscrit dans un de ses souvenirs qui refusaient de se présenter à sa mémoire. Mais l'impression s'évapora presque instantanément. Le vieil homme récupéra l'allumette consumée à l'aide d'un gant et la laissa tomber dans un sachet en plastique, qu'il renferma avec soin, et fit disparaître dans une poubelle. « Faites bien attention aux parfums, Louis : ils pourraient vous en apprendre plus sur vous que vous ne voulez savoir. » [c] *** [/c] [j] La prochaine étape de la visite de Louis fut le cimetière du Père Lachaise, qu'il avait l'habitude de traverser autrefois, en rentrant de l'école. Il s'amusa à retrouver les tombes qu'il croisait tous les soirs, et dont il avait fini par connaître les épitaphes par coeur. L'une de ses préférées portait l'inscription : "A Moumoune, son mari, ses filles, son frère et son chien Kiki". Louis constata avec un mélange d'ironie et d'amertume que le caniche avait rejoint sa maîtresse dans l'autre monde. Et pourtant, il ne parvenait pas à détourner ses pensées de sa troublante entrevue avec le vieux locataire de l'appartement. Il repensa au parfum qu'il n'avait pas senti, et eut un peu honte. Avait-il si peu de flair ? Ou bien au contraire, le parfum avait-il atteint son but en échappant à sa vigilance ? Il repensa au conseil du type : faire attention aux parfums, en apprendre des choses... Il lui manquait une case, c'était certain. « Faites bien attention aux parfums ». Mais après tout, pourquoi pas ? Il ferma les yeux, et tenta de reconnaître les odeurs qui se présentaient à ses narines. Très distinctement, il sentit l'odeur de l'herbe mouillée, de la pierre trempée, et de la terre sèche des tombes que personne ne vient jamais arroser. Tout cela lui apprenait qu'il était dans un cimetière, et qu'il avait plu le matin : rien qui n'eut pu échapper à son regard. Il essaya encore, se concentra et... oui... il saisit au vol un parfum familier, léger et sucré, brun, poudreux, frais... un parfum qui n'avait rien à faire dans un cimetière... oui, de la cannelle ! Et de nouveau, comme par magie, les souvenirs affluèrent, nets et précis, comme des mots sortant d'un livre, et formant des images au-dessus des pages, comme si... C'était une jeune fille, qu'il avait connu au collège, avant de quitter Paris... dont il était éperdument amoureux... alors qu'elle-même aimait son meilleur ami... que de souvenirs, qui avec le temps le firent sourire... Comment avait-il pu oublier tout cela ? Il ne se souvenait même pas du nom de la jeune fille en question. Ah non, c'était trop bête ! Il l'avait sur le bout de la langue ! Louis ouvrit les yeux, et vit dans un éclair son nom apparaître. Son nom ? Il chercha où le nom avait bien pu filer se cacher. Il le retrouva quelques mètres plus loin, profondément gravé dans une tombe visiblement neuve : Adeline Langelot - 12 juillet 1981 - 1 août 2003. Adeline ? Aucun doute, c'était bien elle, le nom, la photo, et la date de naissance correspondaient. Il en eut la nausée, et dû même faire un effort prodigieux pour se retenir de vomir. Au lieu de cela, il s'enfuit en courant. *** « Clic... Alloooo ? - Madame Langelot ? - C'est ici. - Euh... bonjour madame, j’ai trouvé votre numéro dans l’annuaire et je... je me permets de vous appeler parce que j'étais en classe avec Adeline, et... - Oh oui ! Je me souviens ! Vous étiez son petit amoureux, n'est-ce pas ? Oui oui ! - Enfin, pas exactement… - Mais si, mais si ! Je me souviens ! » Constatant vite qu'elle était gâteuse et très émotive, Louis décida de ne pas la contrarier, et se fit ainsi passer pour le garçon dont il avait été si jaloux - quel était son nom déjà ? Il obtint le droit de venir prendre une tasse de thé chez la vieille femme - "Alors comme ça, vous n'êtes pas venu à Paris depuis dix ans !" - et y appris que Adeline avait été sauvagement violée avant d'être soigneusement découpée, et enfin brûlée. On avait pu identifier son corps que grâce à des méthodes ultrasophistiquées, auxquelles madame Langelot n'avait rien compris. Tout ce qu'elle pouvait en dire, c'est qu'elles n'étaient pas encore assez sophistiquées puisqu’elles n’avaient pas permis de retrouver l'assassin. Assassinée... Le genre de choses qu'on lit dans les journaux, sans penser que cela pourrait jamais nous arriver à nous, comme tous les gens à qui ça arrive. Jusqu'à ce que l'on passe de l'autre côté, du côté de ceux qui ont côtoyé la mort et la folie d'aussi près, ne serait-ce que par les sentiments... Louis n'avait rien côtoyé du tout, mais il se sentait troublé, perdu, renversé. Le matin encore, il n'avait plus pensé à cette Adeline depuis des années, et voila que lorsqu'elle faisait à nouveau irruption dans sa vie, c'était pour lui signifier qu'elle avait quitté la sienne depuis longtemps. Il décida assez arbitrairement que, pour son propre bien, il ne devait attacher qu'une importance minimale à cette histoire et entreprit, pour se changer, les idées de flâner dans les rues de Ménilmontant et dans d'autres souvenirs de son enfance. Mais cela ne suffit pas à égarer ses ruminations et il se découvrit bien vite obsédé par l'image d'Adeline, pour ainsi dire, cuisinée. Il sentit que quelque chose manquait, qu'un autre pan de sa mémoire, enseveli, eut permis de résoudre le mystère une fois mis à jour. Allait-il retrouver lui-même l'assassin ? Non, mais le fait que de tels sauvages puissent agir en toute impunité le rendait furieux ! Ainsi, il se surprit à humer à nouveau l'air, comme si son odorat était devenu un sens plus aiguisé que sa vue. Bien que le vieux parfumeur l'eut averti que son nez ne pouvait lui apprendre que des choses sur lui-même, il en vint à espérer pouvoir ainsi résoudre l'incident qui avait déjà gâché son retour à Paris - non, il le voulait. Aussi, les yeux fermés, il identifia rapidement les quelques odeurs habituelles des rues de Paris : goudron, tabac, pot d'échappement, et un léger parfum maritime qui semblait évoquer l'existence d'une poissonnerie non loin de là. Puis, comme la dernière fois, une odeur se distingua des autres, pas qu'elle soit particulièrement agréable - au contraire même - mais parce qu'elle trouva en Louis un écho tout à fait symbolique. Acide, putride, pourrie, agressive, nauséabonde, l'odeur du vomi lui rappela son voyage, à 15 ans, de Paris à Nantes lorsque, dans le train, un gamin turbulent s'était oublié sur sa pauvre mère laquelle, même après un séjour aux WC du wagon, sentait encore le dégueuli. Pourtant, cette odeur, il l'avait associée à un petit article de la rubrique faits divers d'un quotidien qu'il feuilletait, et qui l'avait particulièrement marqué. On y parlait d'un tueur en série qui venait d'être relâché, malgré les meurtres qu’il avait avoués sans sourciller et pour lesquels il avait été condamné, contre la promesse de suivre un genre de cure de désintoxication révolutionnaire que se proposait de lui faire suivre un médecin réputé. Louis se rappelait de la photo du type, un vieillard au visage émacié, aux yeux perçants, et surtout de son nez prodigieux, pointé vers l'avant. Et sous la photo, de ce nom : Emile Longchamp. [c] *** [/c] [j] Cette fois, il ne frappa pas, mais défonça la porte d'un bon coup d'épaule. Le vieil homme se trouvait derrière, un fusil à pompe braqué sur Louis. Immédiatement, il marmonna : « Je ne sais pas que vous croyez, mais je sais que c'est faux ! - Inutile de mentir ! Je sais qui vous êtes et je sais ce que vous avez fait ! - Croyez-moi, tout cela est faux, c'est une regrettable erreur. - Si c'est faux, alors pourquoi m'attendre avec ce fusil ! hurla Louis, au bord des larmes. - Je savais que vous pourriez devenir dangereux au cas où l'expérience tournerait mal. Je suis heureux de voir qu'elle ait réussi, bien qu'elle semble avoir pris une tournure des plus inattendues. Ainsi... - N'essayez pas de m'embrouiller ! De quoi est-ce que vous parlez ? » Louis avait fait un brusque pas en avant, faisant sursauter le vieillard, qui n'en tint son fusil que plus fermement, tout en reculant. Ils arrivèrent ainsi bientôt dans le salon-laboratoire. « Il vous faut savoir que le parfum que je vous ai fait renifler ce matin est parfaitement inodore, il est normal que vous n'ayez rien senti, il est conçu ainsi. Mais souvenez-vous de ce que je vous ai dit, les parfums parlent à notre âme, ils savent l'influencer, bien au-delà de ce que vous imaginez. - Ne vous foutez pas de moi, cria Louis en approchant doucement sa main du fusil. » Il voyait bien la peur dans le regard du vieil homme, et son charabia sans aucun sens trahissait sa culpabilité. « Le parfum que vous avez senti est unique en son genre. Il agit directement sur votre cerveau, par l'intermédiaire des canaux nasaux, et possède la capacité de le modifier, d'agir sur lui, de l'influencer. Vous avez cru vous remémorer des souvenirs oubliés, n'est-ce pas ? Il n'en est rien, ces souvenirs ont été inscrits dans votre mémoire par l'action du parfum, s'inspirant de votre environnement immédiat pour les créer. C'est pour ça que j'y figure également. - Je... je ne vous crois pas ! Vous essayez de me rouler ! - Faites-moi confiance, Louis. Bien sûr, j'aurais dû vous prévenir, mais l'expérience en aurait été faussée, de tout évidence. Maintenant, laissez-moi vous administrer l'antidote, et tout rentrera dans l'ordre. Vous risquez de ressentir un petit étourdissement... » Profitant de l'inattention du vieil homme, Louis se jeta sur lui, prenant soin de détourner le canon du fusil au cas où le coup partirait. C'est effectivement ce qui arriva, et les plombs, ricochant contre un abat-jour en fer, vinrent finir leur course dans des bocaux de produits chimiques, provoquant un incendie qui gagna rapidement l'armoire aux allumettes. Longchamp, projeté par Louis contre les étagères, fut tué sur le coup. Louis lui-même inspira malgré lui de grandes bouffées de la fumée qui s'échappait de l'armoire en flammes, et tomba, inconscient au milieu de l'incendie. C'est la concierge de l'immeuble qui, passant par là, le tira héroïquement des flammes, alors qu'il ne cessait de marmonner : « Louis, je m'appelle Louis, je dois me souvenir que je m'appelle... ». Aspirant elle-même quelques volutes de fumée, elle s'écria : « Dios mio, pero si es Luis », croyant reconnaître le fils qu'elle avait perdu il y avait plus de vingt ans. Lorsque les pompiers arrivèrent, et mirent fin à l'incendie, il ne restait de Longchamp et de son laboratoire que des cendres. Louis fut transporté d'urgence à l'hôpital, grièvement brûlé, à tel point qu'il fut impossible de retrouver sur lui ses papiers d'identité. Après quelques semaines à l'hôpital, il fut transféré dans un hôpital psychiatrique, pour y finir sa vie. Mme Sanchez, concierge du 76, rue des Pyrénées, lui rend visite tous les dimanches, pour lui raconter quelques souvenirs d'enfance qu'elle invente au fur et à mesure. Ses véritables parents, à Rennes, ont lancé un avis de recherche, et sont toujours sans nouvelles de lui. Amnésique, muet, incapable d'entreprendre la moindre action de sa propre initiative, Louis est devenu ce qu'on appelle couramment un légume ; selon les médecins, il est catatonique. Il doit être lavé, nourri, habillé, couché avec l'aide des infirmières, car il ne lui viendrait pas à l’idée d’accomplir ces actions par lui-même. Cependant, certaines infirmières ont remarqué qu’il semble encore, en de rares occasions, faire preuve de conscience lorsqu’on lui présente un nouvel objet et que, penchant légèrement la tête sur le côté, il semble renifler l’objet, comme s’il voulait en saisir le parfum.t la tête sur le côté, il semble renifler l’objet, comme s’il voulait en saisir le parfum.